PUISQU’ON VOUS DIT QUE C’EST POUR VOTRE BIEN

Quand l’hôpital se croit obligé de faire le bien des patients sans leur consentement,grrrrrrrrrrrrrrrrrr.Et du moment qu’on est à peu près certains qu’elles n’y comprennent rien,on peut leur faire tout et n’importe quoi.De préférence quand elles sont un peu pas d’ici et supposées pas assez éduquées  pour se plier à nos diktats.ou pas assez fines pour comprendre toutes les injonctions médicales qu’on leur braille (c’est normal,tout le monde sait bien que le français hurlé passe mieux niveau compréhension).C’est vous dire si j’ai des occasions de ronchonner,vu que toutes mes patientes sont estampillées label Services Sociaux.Et donc au mieux modèle famille Groseille,au pire à peine capables de comprendre ce qui se passe dans leur utérus.

C’est tellement rôdé dans la tête de mes collègues hospitalières que quelquefois elles ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur dossier (pardon,collègues) et me font suivre des patientes qui en vrai n’en ont absolument pas besoin.Je ne dis rien,ce sont mes dossiers-relax,héhé.

Or donc,en début d’année,les urgences,en bon nœud de triage instantané,m’adressent une patiente parce qu’elle est turque(si si ) et depuis très peu de temps en France donc présupposée sans papiers et sans droits ;elle doit relever donc automatiquement de mes compétences.Or il se trouve que la jeune dame en question est née de l’autre côté du Rhin,qu’elle est de nationalité allemande et bénéficie d’une prise en charge européenne.Nous conversons dans la langue de Goethe, puisqu’elle ne comprend pas le français et que je me débrouille encore assez bien pour lui expliquer le suivi de grossesse,les examens( y compris les marqueurs HT21 -qu’elle refusera- j’ai le temps,elle est à peine à 10 semaines de grossesse) J’en profite eu égard à son rhésus négatif pour glisser la prévention Rhésus.Après avoir bien réfléchi,elle décline aussi l’injection .

Elle me trouve sympa,j’entrevois un dossier reposant.on se dit en allemand ,bien sûr que si sa grossesse se passe bien,on peut faire un bout de chemin ensemble. Je vais donc la suivre en prenant soin de noter EN GROS en gras en rouge à chaque consultation qu’elle ne souhaite pas d’injection préventive.Ce qui est son droit même si je n’en pense pas moins.Nous franchissons haut la main le cap des 33 semaines.

La semaine suivante,elle passe aux urgences pour un banal rhume.Elle ne reviendra pas à la consultation suivante,elle me téléphonera en pleurs pour me dire qu’elle accouchera dans une autre maternité.

Aux urgences,sans la prévenir ni lui demander son avis on lui a fait cette fichue injection qu’elle refusait.Elle a compris après coup et ne décolère pas.

ET MOI DONC.

C’était son choix, en toute connaissance de cause.

Il y a encore du chemin,non,face au pouvoir médical ?Et je n’ai donc pas fini de grommeler,moi!

8 réflexions au sujet de « PUISQU’ON VOUS DIT QUE C’EST POUR VOTRE BIEN »

  1. PerrucheG

    C’est vraiment scandaleux. L’absence de consentement me révolte considérablement. Ça ne paraît pourtant pas compliqué de responsabiliser les patients face à leur choix, quand ils ont évidement les capacités Intellectuelles de choisir en toute conscience.
    Pour ma part, j’avais dit non aussi pour le Rophylac à ma gynéco libérale, après en avoir longuement parlé avec elle. Elle respectait ce choix. Et au cours d’une consultation pour une bricole de grossesse aux urgences j’ai eu droit à un sermont où on me traitait quasi d’irresponsable (!) sans JAMAIS chercher savoir quels étaient les motivations ou mes arguments (après tout je ne suis que médecin généraliste hein, je n’y connais pas grand chose à ces machins de gynéco…)
    Pffff…

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  2. Lolly

    Si même avec un médecin généraliste ça bloque comme ça, je ne m’étonne plus de la volée de bois vert que j’ai pris quand j’ai dis a ma gyneco qu’il était hors de question qu’on me déclenche (contractions régulières depuis 36h, pas de soucis sur le monito, 2e enfant, que le personnel de la maternité était d’accord avec moi (!) )et les menaces de celle-ci si je n’obtempérais pas.

    J’ai l’impression que cette attitude est valable dans à peu près tous les services « on sait mieux que vous, on a fait les études, nous » et que les demandes d’explications/refus sont très mal vues par certains.

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  3. Vervaine

    Eh voilà, les arguments « on a fait des études, nous » « mais c’est pour votre bien »  » mais enfin on sait ce qu’on fait quand même » se retrouve donc à tous les niveaux. Quelle histoire triste… Mais en effet il ne suffit pas de ne pas comprendre le français pour être rabaissée et infantilisée. Être une femme est déjà un bon argument, enceinte n’en parlons pas (nous reste-t-il des neurones?)
    « Mon corps, mon droit » voilà un slogan qui devrait être rappelé en fac de médecine…

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  4. souslapluie

    Le pire c’est que ça se passe aussi dans d’autres domaines de la médecine… J’ai vécu un exemple en pédiatrie et heureusement que les pédiatres des soins intensifs ont tenus bon avec moi face à l’un des chirurgiens de mon enfant ! Sinon… En plus il prenait une décision sur des images (ça ne se trompe pas une image ou une machine !!!) sans avoir JAMAIS vu mon petit garçon. Or… le voir montrait que les images n’avaient pas réponse à tout. Même si d’autres images ont permis à ces supers pédiatres de dire à ce chirurgien ce que nous souhaitions pour notre enfant.
    Un an après, je sais que j’ai eu raison de me battre. Mais quel combat !!!

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    1. reinemere Auteur de l’article

      Aucun risque,cette injection fait partie des propositions que le médecin ou la SF sont tenus de faire au cours de la grossesse(comme le calcul de risque T21)Et ne pas la faire ne mettait pas son bébé en danger dans l’immédiat.Je n’ai pas besoin de connaître ses motivations,je lui avais bien exposé l’intérêt de la prévention.Ce qui l’a choquée,c’est qu’on a fait cela sans la prévenir

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      1. souslapluie

        C’est choquant d’être considéré comme une chose… je crois que quelque part, même si cela était sans danger, et justement parce que c’était sans danger, on se dit que si on n’a même pas le droit de refuser un truc « sans danger », sans conséquence… alors le jour où c’est important, où ce sera une décision grave qui va la respecter, qui « nous » respectera. C’est

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