Archives mensuelles : juillet 2016

MAIS TU ES BIEN SURE QU’ELLE PEUT MOURIR ?

Elle a 15, 20, 35 ou 42 ans.
Elle s’appelle Meriem, Oumou, Victorine ou Gloria.
Elle attend son premier enfant ou elle en a d’autres au pays dont elle n’a aucune nouvelle depuis qu’elle est partie.

Elle a un mari,un copain disparu dans la nature à l’annonce de la grossesse ou un souteneur qui décide soudain de se débarrasser d’un outil devenu inutile.
Elle vient d’Afrique, de Syrie, du Brésil ou d’Albanie.
Non contente d’être sans papiers, sans couverture sociale et sans hébergement, elle se paye le luxe d’être enceinte et de garder cet enfant malvenu dans sa situation.
Sans vergogne elle squatte nos rues nos stations de métro, nos terrains vagues ou nos hôtels louches pour y dormir.
Elle profite sournoisement de nos poubelles et de nos rebuts pour se nourrir et se vêtir.
Elle a marché pendant des jours, pris un bateau surchargé ou un avion low-cost avec pour unique projet de bénéficier des largesses que dans notre grande bonté nous accordons à foison.
Au début tout allait bien.la sage-femme de PMI s’est démenée pour qu’elle ait un suivi comme toutes les autres femmes enceintes grâce au budget départemental qui permet de prendre en charge ses factures. De bric et de broc la vaillante sage-femme a même réussi à lui fournir vitamines et autres médicaments en rançonnant les visiteurs médicaux qu’elle n’accepte de recevoir qu’à cet usage. La boîte à madeleines s’est bien souvent ouverte pour ces patientes qui font rarement plus d’un repas par jour.

Et patatras, voilà que la donzelle a l’outrecuidance de compliquer sa grossesse qui d’un diabète bien sévère qui d’une hypertension rebelle ou d’une menace d’accouchement prématuré. Car bien sûr c’est évident, elle veut profiter encore plus de notre bon cœur.Mauvais plan!!
Alors la comptable sociale (oui, j’appelle ainsi l’assistante sociale) s’affole tout à coup. Elle sort le grand jeu moralisateur car la PMI doit passer la main lorsqu’une pathologie s’installe.Plus de financement possible,c’est à l’état de s’en charger.Retour à la case facturation hospitalière
Alors, Madame il va falloir payer vous, savez.
Meriem, Oumou, Victorine, Gloria vous allez devoir assumer votre choix .Et vous savez ici rien n’est gratuit.bon il y a bien une possibilité ,je crois que ça s’appelle le fonds pour les soins d’urgence mais c’est ouhlala très compliqué.Et on n’est pas sûr que ce soit accordé……..,Ça m’ennuierait que vous receviez les factures dans 2 ou 3 ans,hein;Alors on va dire qu’on ne fait pas la demande,c’est plus prudent pour vous.Et puis la grossesse c’est pas une maladie,d’abord!Qui me prouve que vous êtes en danger vital?Ah le médecin a fait un certificat ? Ben je ne vois pas écrit danger vital là dessus!M’a pas l’air bien convaincant tout ça

Allez,débrouillez vous jusqu’à ce que vous ayez 3 mois de résidence.Promis,je ferai votre dossier AME .En attendant,PAYEZ et au revoir Madame!

C’est sûr que présenté comme ça, ça vous refroidit tout autant que les vagues où vous avez failli vous noyer en venant par chez nous.Quant aux pathologies, elles ne font pas de quartier et ne vous demandent pas si vous êtes éligible quand elle vous tombent dessus .Elle vous prennent votre bébé et vous bousillent la vie sans vous demander vos papiers.Et oui, Madame la comptable sociale, un bébé peut mourir, sa mère peut mourir d’un diabète mal soigné ou d’une hypertension négligée.

Avant de retourner râler en consultation je vous glisse ni vu ni connu le texte de l’assurance maladie concernant le-dit fonds soins urgents.

Des fois que j’aurais mal lu.

LA PROCÉDURE DES SOINS D’URGENTS

Seuls sont pris en charge, les soins urgents dont l’absence entraînerait une atteinte du pronostic vital ou une altération de l’état de santé grave et durable pour la personne ou l’enfant à naître.

Sont également considérés comme relevant des soins urgents :

  • les soins destinés à éviter la propagation d’une pathologie infectieuse transmissible (sida, tuberculose..),
  • les examens de prévention réalisés pendant et après la grossesse et visés aux articles L2122-1 et suivants du Code de santé publique,
  • les soins dispensés à la femme enceinte et au nouveau-né,
  • les interruptions de grossesse pour motif médical,
  • les interruptions volontaires de grossesse.

Le médecin appelé à traiter le patient consigne dans le dossier médical de celui-ci les motifs justifiant le caractère urgent des soins dispensés. Ce dossier devra être présenté, sur demande, au médecin du contrôle médical de la Caisse du lieu d’implantation de l’établissement.