DANS TON PAYS LES FENÊTRES N’ONT PAS DE BARREAUX

Dis,tu veux pas recevoir la dame,là?Elle dit qu’elle est arrivée hier en France,elle n’a aucun papiers,je peux pas l’inscriiiiire,moi!!Elle dit qu’elle accouche le mois prochain,tu t’en
occupes,heiiiiin ??

Voilà donc dans mon bureau la dame en question (visiblement fort enceinte), un minuscule   PetitHomme de six ou sept ans sérieux comme un pape collé contre elle.Et moi, le stylo dégainé pour essayer de remonter le fil de leur histoire.
Elle commence à l’envers,cette histoire,six mois au moins de leur vie.
Le long voyage jusque chez nous,la traversée en bateau durant laquelle elle a cru tout perdre.
Nous remontons encore.
Le périple qu’ils ont accompli tous les deux,elle portant PetitHomme, PetitHomme l’encourageant des ses petites mains serrées autour de son cou.
Soudain elle s’interrompt,elle pleure sans bruit.
Je n’ose plus questionner,ma main est en arrêt au dessus de la page.
PetitHomme me dit qu’il va dessiner leur histoire, celle du pays où il est né et qu’ils ont quitté.

J’ai hésité, je ne savais pas comment la raconter ,cette histoire;Alors je vous mets ici le dessin de Petithomme que j’ai recopié de mémoire,parce qu’il n’a pas voulu le laisser.

C’était son dessin.

Malheureusement pour moi,j’ai une excellente mémoire visuelle

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7 réflexions au sujet de « DANS TON PAYS LES FENÊTRES N’ONT PAS DE BARREAUX »

  1. Crevette

    Elle est terrible cette histoire et pourtant certainement pas isolée, ce qui la rend encore plus terrible, et puis en fait c’est pas une histoire, c’est une biographie, c’est encore plus terrible… tellement terrible que même avec un pois chiche de mémoire visuelle on s’en souviendrait du dessin …
    Merci de les avoir accueillis, merci de les avoir écoutés..

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  2. Margot

    Et là, je suis assise dans un couloir et je veille quatre enfants dont le papa est en train de profiter de sa soirée dans un restaurant. Et je me sens toute étrange.
    Merci d’écrire, vraiment <3

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  3. souslapluie

    Il y a des histoires où les mots manquent et pour lesquelles un dessin d’enfant et encore plus cruel. Surtout, ne le prenez pas comme un reproche ! Il en faut du courage pour livrer cela, pour le reproduire… Comme le dit Crevette, une mémoire même fatiguée, encombrée ou limitée ne pourrait l’oublier.
    Il fallu un courage encore plus fou à cette maman et ce petit devenu trop vite grand… pour ce si long voyage après avoir vécu ces choses innommables.
    Ce soir tout particulièrement, mes pensées iront vers eux… Dérisoires penserez-vous peut-être ? Et pourtant, après avoir vécu une année délicate, j’en mesure le poids et la force qu’elles peuvent apporter.
    Merci de votre confiance

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