Archives mensuelles : mai 2014

TU TE SOUVIENDRAS, DIS PETIOTE

 

De mes jeunes années, me reviennent en ce moment des souvenirs glanés à droite et à gauche.

Les vieilles photos que j’avais le droit d’étaler les jours de pluie et de contempler longuement….

Un jeu de visages à reconnaître,des ressemblances que je scrutais dans les sourires endimanchés….

Des inconnus aussi, pêchés dans la mémoire de ma grand-mère .

« Et là,Mémé,c’est qui ? »

« Et là,tu te souviens de ce soldat ? »

Les morts de la grande Guerre, ceux partis pour rien puisque à peine trente ans plus tard les femmes de la famille revêtaient à nouveau leurs vêtements noirs .

Elle se souvenait,oui .

Et cette photo qu’elle glissait bien vite sous les autres,l’oncle revenu d’un enfer dévoilé à demi-mots,l’oncle qui jamais ne remontait les manches de sa chemise, tu comprends, petiote,c’est des affaires de grandes personnes . Mais un jour,je t’expliquerai,promis !

Grand,mon oncle.sur cette photo, flottant dans un costume dix fois trop large, des yeux dix fois trop grands pour un sourire dix fois trop triste,

Cette photo dont Mémé me soufflait juste « c’est le jour où on est allé le récupérer à la gare ».

Vois-tu,mon oncle, j’ai encore à l’oreille ta voix « On n’entend pas crisser les bottes du diable » lorsque tu m’as expliqué pourquoi il ne fallait pas oublier.

Mais, voilà,il n’existe pas de vaccin contre la peste brune.

En ce moment,je les entends,ces fichues bottes. Et il me plaît bien de penser à toi,qui m’as scrupuleusement transmis ton amour,ton respect des autres et l’espoir   que ce temps de haine  et de barbarie que tu avais vécu soit révolu.

C’est grâce à toi, mon oncle,que je ne perçois aucune couleur de peau.

C’est grâce à toi que je me penche avec sollicitude sur le ventre de Marie née aux rives du Niger autant que sur celui d’Irina venue de Volgograd.

C’est grâce à toi que je regarde avec bienveillance Mauricette avec sa dégaine de fleur de pavé et sa sœur de misère Elisheva la tsigane.

C’est grâce à toi que je souris au bébé de Meriem ,à celui de Jessica, à celui de Savashanti.

Maintenant il est grand temps pour moi de me souvenir de ces chiffres tatoués sur ton bras , mon oncle.

Parce que toi aussi tu croyais en ce qui fait de nous des humains dignes et respectables.

Parce que je ne peux pas imaginer que cette bête nous déchire à nouveau l’esprit et les chairs .

.

C’est grâce à toi que derrière les apparences cauteleuses et bonhommes je le discerne ,ce Moloch dont tu disais qu’il fallait le combattre sans haine,mais sans mollesse, cette bête qui revient d’autant plus fort qu’elle ne nous a jamais  quittés.

J’ entends les bottes du diable et d’autres aussi.

ET A MA PLACE VOUS FERIEZ QUOI

En PMI, j’ai l’occasion de bien m’énerver, des fois .Souvent même. Tous les jours, en y réfléchissant bien.

Mais bon, à quoi ça sert, hein, que je râle parce que Cindy a encore pris 4 kilo ce mois-ci. Pas la peine de lui redire qu’il faut manger équilibré, elle le sait. Elle regarde la télé, Cindy. Le coup des cinq fruits et légumes par jour, elle me le récite comme un bon petit disciple médiatique.

Sauf que les fruits et légumes pour elle ça se résume à ceux qu’elle peut dégoter avec sa mère après le marché, les laissés-pour-compte, les moches, les invendus jetés à même le sol patiemment récupérés et triés par les petites mains de la misère. Et ils sont nombreux, ces temps-ci, les glaneurs ! Comme elle dit, Cindy, avec ce qu’on ramasse, ma mère nous fait du bon manger. Sinon, je pourrais pas faire comme ça serait bien. Mais quand même faut bien manger des trucs qui remplissent le ventre, les jours sans marché ! Bienvenue aux raviolis dégoulinants de mauvaise sauce, aux machins chimiques panés et aux desserts bien glucosés fournis par les restos du cœur, que si ils étaient pas là, je sais pas je ferais comment.

Sa syntaxe est pourrie, à Cindy, comme les légumes dont elle essaie de se nourrir mais elle se construit à coup de barbarismes naïfs une vie modèle. Alors, non, je ne peux pas lui dire à Cindy, que les frites et nouilles à la sauce tomate à chaque repas, question équilibre alimentaire, c’est un mauvais plan .Non, je la rassure même, ça n’est pas elle que j’ai envie de culpabiliser !

 

Et pour Mélissa qui n’a pas fait les examens biologiques ni l’écho que j’ai prescrits le mois dernier, je pique une grosse rage, ou je laisse tomber, à votre avis ? Parce que Mélissa, elle a bien une carte vitale, mais ses droits se sont égarés lors d’un changement de caisse, il y a quelques mois. Bien sûr, si elle fait l’avance des frais, elle sera remboursée, plus tard. Un jour. En attendant, y a juste assez de sous dans sa musette de serveuse pour payer l’obligeante voisine qui garde Nénette, son ainée de vingt mois .Que même elle est sympa, la voisine, elle aide un peu Mélissa pour le repas du soir auquel Nénette a droit gracieusement avant que sa mère ne la récupère à minuit en sortant du boulot.

Vous savez quoi ? Non seulement, je ne m’emporte pas, mais je vais me fendre d’une prise en charge PMI pour Mélissa, pendant que c’est encore possible. Parce que les braves petites Mélissa qui se lèvent à 6 heures du matin pour aller bosser dans un bar à l’autre bout du département et en revenir à nuit noire, que voulez-vous, j’ai du mal à considérer qu’elles profitent indûment des aides sociales !

 

Quant à celle qui déboule dans mon bureau, venant de je ne sais quel pays, par je ne sais quels obscurs chemins périlleux, sans papiers, sans rien d’autre qu’un rêve de fraternité et d’espoir qui se brise sur nos raideurs administratives, je ne vous dirai pas ce que je fais. Elle est enceinte, je suis sage-femme. Que cela vous suffise pour imaginer la suite, et vous explique pourquoi je râle plus souvent qu’à mon tour.

MAURICETTE

 Mauricette m’a arrêtée ce matin sur la place du marché.

Elle a tenu comme d’habitude à m’offrir un café au Bistrot de la Place, qu’elle a payé avec les sous gagnés dans son nouvel emploi,Elle y met un point d’honneur pour me remercier,dit-elle.

Cela fait bien longtemps qu’elle me remercie au fil de ses grossesses.

Elle a fait sa commande à la serveuse  avec un clin d’œil digne d’un acteur de cinéma muet qui a ébranlé ses faux-cils aile-de-corbeau.

« Un café debout pour ma sage-femme,et un allongé pour moi,hihi! »

Mauricette a semé huit petites graines qui ont plus souvent poussé dans les jardinières des services sociaux qu’ à l’abri de leur mère,vu l’obstination qu’elle mettait à ne fréquenter que des mauvais garçons.mais elle finissait toujours par les récupérer lorsque le donjuan castagneur avait mis les voiles .

Des hommes,des vrais, répète-t-elle à l’envi !

Des aussi durs que son paternel qui pratiquait la berceuse musclée et la baffe éducative .

Des Julots,des Johnny,des Roger dont elle parle avec une nostalgie attendrie,affirmant que c’était la plus belle période de sa vie à chaque fois ! Même qu’elle en a marié un et qu’ils ont fait une fiesta d’enfer avant qu’il ne la motive à coup de savate parce que la nuit de noces lui paraissait un peu longue,à Mauricette .Faut comprendre,cet homme-là,il avait de gros besoins ! me souffle-t-elle en rosissant .

Mauricette n’a jamais eu vraiment d’envie ni de projet, elle prenait ce qui venait.Elle n’a pas non plus subi,non,elle s’est juste laissée porter sans enthousiasme,mais sans rancœur.Elle a compté et recompté les coups de chacun de ses hommes, qui tombaient plus régulièrement que la paye à la fin du mois et elle en tire une surprenante fierté d’ancien combattant ,parce qu’elle a tenu le coup malgré tout.

Amour,enfants torgnoles et visites de l’assistante sociale ,remontrances des policiers blasés ont rythmé sa vie et forgé un passé qu’elle revit  avec volupté à chacune de nos rencontres.

Mauricette a vécu comme elle parle,avec des à-peu-près cocasses et des inventions naïves ,sans révolte contre une vie qu’elle estime malgré tout heureuse.Elle vous ferait peut-être sourire, Mauricette,si vous la croisiez .

Ses enfants sont tous au loin ,elle ne les voit plus trop ,c’est la vie ! Pis,c’est ingrat,les mômes quand on a pas pu leur offrir grand chose.Même qu’un jour son aîné lui a dit qu’il aimait mieux vivre au foyer,parce là-bas y avait la télé et des vacances à la mer !

Mais elle a dans son portefeuille une collection toujours en expansion de bébés rieurs .Elle adore me piéger quand je ne reconnais pas le quart des bambins dont elle égrène les prénoms..

Mauricette n’a plus besoin de moi maintenant pour surveiller ses futurs lardons depuis qu’elle a eu son inauguration des trompes par le gonopologue de la clinique.Même qu’il va lui retirer le petirus,vu qu’elle n’en a plus l’usage.Parce que Mauricette,elle sait que les vieilles dames qui ont beaucoup d’enfants,des fois elles finissent avec une descente d’orgasme,et ça c’est coton à récupérer ! Surtout si le petirus en prime est plein de citromes qui font morragie sur morragie,et adieu Mauricette.

Elle regrette juste,Mauricette, le temps où son Julot, ou Johnny ,ou Roger lui disait des gentillesses . Le temps où elle arrivait à la PMI en claironnant qu’elle n’avait rien vu depuis deux mois.

Le temps où elle disait à la sage-femme « Allez,faisez pas cette tête-là,y a bien toujours un ange gardien quelque part pour les gens comme moi »

Allez,Mauricette,bonne journée et merci pour le café,

A bientôt,Mauricette,

IMPUISSANCE

Petite surprise en salle d’attente !
Un monsieur, sagement occupé à feuilleter les  publications départementales.
C’est pas courant,ça,un monsieur tout seul pour attendre la sage-femme ! En plus,je ne suis pas sûre de le connaître.
L’infirmière à l’accueil m’a juste glissé qu’il avait quelque chose à me demander.
Il entre,s’installe sur le petit tabouret « spécial invité » -le bureau est trop petit pour héberger deux fauteuils- Je le reconnais à cet instant, il est venu avec sa femme le mois dernier pour un entretien prénatal précoce.
Je les avais trouvés attendrissants tous les deux,serrés l’un contre l’autre, et si attentifs avec leur liste de questions soigneusement rassemblées dans le classeur de grossesse,
Sympas,mignons et déterminés à tout faire dans le bon ordre pour leur premier-né.Un suivi en clinique chic- tiens,d’ailleurs,que font-ils dans notre modeste PMI ?. Une future mère rayonnante ,un futur père très concentré et attentionné,un couple visiblement heureux et serein.Une vie douillette et aisée..
Presque des vacances pour moi,qui navigue habituellement avec un équipage rompu aux tempêtes administratives,aux règlements de comptes conjugaux et aux  abysses de la misère affective et sociale.Une bouffée de vie normale et tranquille…
Il hésite,se lance d’un seul coup.
Il est venu dire quelque chose qui lui paraît tellement inconcevable qu’il n’a pu encore le formuler devant personne…Des idées qui lui paraissent monstrueuses après ce qu’ils viennent d’affronter, sa femme et lui.Une procréation médicalement assistée avec donneur …Ils n’en avaient pas parlé..
Je me dis que je devrais l’interrompre,le diriger vers un autre professionnel,mais je le laisse parler,presque tétanisée sous ce flot de mots que j’ai du mal à suivre.
Cette grossesse le terrorise,il est dépassé par des sentiments violents de rejet et de haine envers cet enfant qui n’est pas le sien.Sa femme est si heureuse qu’elle a occulté ce qui le ronge maintenant : ce bébé n’est pas le sien.. .Il doute même de pouvoir l’appeler son fils..
Sa femme souhaitait tellement cette grossesse qu’il s’est laissé convaincre, elle est pleinement satisfaite maintenant..
Son entourage le félicite alors que ce bébé n’est pas le sien…
Il se sent anormal, ingrat même après ce que sa femme a enduré pour avoir cet enfant…Au fond,il n’en avait pas envie, de cet enfant.
Mais sans doute que tout sera différent après la naissance….n’est-ce pas ???Puisque maintenant tout est réuni pour un bonheur complet..
Je n’ai rien dit.
Je l’ai laissé parler,et parler encore parce que je ne savais que dire devant tant de souffrance.
J’ai cherché ensuite quelle aide je pouvais lui proposer…
Je lui ai suggéré de partager tout cela avec sa femme, de prendre rendez-vous peut-être avec un psychologue …de voir son médecin traitant aussi …J’ai rassemblé sur un post-it les idées que j’avais,quelques adresses . en me disant que c’était peu  ,et que je n’étais guère efficace …
Il m’a remerciée de l’avoir écouté.
Il est sorti du bureau.
Je suis restée un moment assise, à me dire que quelquefois les désirs de l’autre réalisés un peu trop vite vous conduisent tout droit à votre enfer personnel.Une paternité somme toute imposée et mal gérée dont vous ne pouvez être reconnaissant même si tout vous sourit dans la vie.

Je me suis souvenue  tout à coup de Mauricette,brave petit soldat aux prises avec un mari violent et des fins de mois plus qu’aléatoires,qui s’attendrissait sur les malheurs parentaux d’une star quelconque . Tu sais, sage-femme,même chez les gens riches et heureux y a de la misère, pfiou !!

5 MAI

Suivez les cailloux du Petit Poucet que nous avons semés pour vous de blog en blog.

Il était une jeune Louise qui..

Tout commence chez 10Lunes ici

Ensuite ici chez la Cigogne

Avec Bruits de pinard ici

Et encore dans le cabinet de Maîa

Ou chez Miss Cigogne

Et en compagnie d’Ellis Lynen ici

 

Une nouvelle semaine commence.
Je m’installe à mon bureau, je ne me souvenais pas d’avoir laissé autant de courrier en suspens.
Avis de grossesse, projet de service, compte-rendu de réunion, courrier de collègue….
Ah tiens,les fax des  signalements de la mater, une demande d’enregistrement hebdomadaire pour diabète gestationnel, une autre pour surveillance de ralentissement de croissance.
Et une petite dernière du service d’hospitalisation, surveillance de menace légère d’accouchement prématuré, jeune femme sortie contre avis médical. Un nom, une adresse, un numéro de téléphone …un examen clinique  pas trop alarmant, pas de quoi sortir son manuel…
Peu de choses, en fait si ce n’est les trois mots inscrits au bas de la feuille par ma collègue des grossesses pathologiques « patiente à soutenir ». Trois petits mots qui s’ouvrent sur bien des possibilités, mais que les collègues apposent surtout lorsqu’elles ont la vague impression qu’ « il y a un grain de sable indéfinissable qui mérite attention »
Je commence par cette jeune femme.
Au téléphone, petite litanie habituelle…
« Bonjour, je suis la sage-femme de PMI, je vous contacte sur demande de la maternité où vous avez été hospitalisée pour convenir d’un rendez-vous à votre domicile afin de vérifier la stabilisation de votre état.. »

Est-ce que je peux venir demain matin, justement sa belle-mère doit s’absenter quelques heures pour un rendez-vous personnel ? Mais bien sûr, rendez-vous pris.
La journée se poursuit à un train d’enfer,entre réunion et consultations,Pas le temps d’appeler la maternité,Bah,je verrai bien demain.
Lendemain matin à l’heure dite.
Je suis devant la porte,j’ai sonné mais pas de réaction,Un deuxième essai ? Ah,la porte s’ouvre enfin sur une jeune femme à peine réveillée,qui soutient son ventre arrondi avec précaution,
«Bonjour,madame C .?? Je suis la sage-femme gnagnagna »

Elle ne m’écoute pas et regagne à pas contraints le petit canapé déplié dans le salon.Un véritable camp retranché avec ordinateur installé à côté,petit plateau déjeuner à peine entamé,boîtes de médicaments alignées comme à la parade devant une pile de magazines. Tous les signes de journées interminables ..
« Excusez moi de vous recevoir ici,dans un tel désordre mais mon compagnon a commencé les travaux pour la chambre du bébé et,euh… »
Un océan de cartons s’étale en effet dans le couloir.Je vois des rouleaux de papier peint,des pots de peinture,un meuble à langer .. Tout est bleu,intensément bleu …
L’examen clinique est rassurant sur notre bout de canapé,Pas de contraction,bébé en pleine forme mais maman un peu distante.Je plaisante un peu bêtement sur ce petit garçon si pressé d’investir sa chambre.Elle me fixe d’un air absent.
« Nous ne voulons pas connaître le sexe avant la naissance » ,..Elle suit mon regard et d’un ton las me souffle que Belle-Maman Brigitte en est sûre,d’après la taille et la position de son ventre, c’est un garçon,Belle-Maman Brigitte qui est si dévouée qu’elle n’a pas hésité une seconde à abandonner Isidore le matou à sa voisine pour s’installer ici,elle adooooore rendre service,mais si ma petite Louise, je vous assure…Et puis, mon Julien sera tellement heureux !! je vais vous chouchouter,tous les deux !
D’ailleurs elle ne va pas tarder,elle était tellement inquiète qu’elle a promis d’écourter son rendez-vous,

Le téléphone sonne,pendant que je rédige mon compte -rendu de visite,c’est le compagnon venu aux nouvelles.C’est court,sec,peut-être parce que je suis là,Mais je vois bien que les yeux de Louise sont un peu mouillés,
Je lui parle repos,mais pas absolument au lit, activité modérée et même chaise longue sur le balcon .Louise fait une petite grimace rigolote.
« Oh,non Belle-Maman ne serait pas contente ! J’ai l’impression d’être réduite à une poule couveuse quand elle est là ! Et mon compagnon est …si…gentil! »
Nous aurons encore quelques minutes avant le retour de Belle-Maman,juste le temps de suggérer quelques petites actions de rébellion,quelques pistes pour respirer un peu,appeler son médecin traitant pour une petite visite de soutien,battre le rappel des amies-mais si,Belle-Maman,je vous assure,Elsa sera ravie de faire les courses ,prendre enfin ce rendez-vous avec la collègue libérale qu’elle a choisie pour sa préparation à la naissance.
Nous convenons d’un nouveau rendez-vous à l’instant où Belle-Maman réinvestit les lieux.Avant même qu’elle n’ouvre la bouche,Louise lui annonce la fin de ma visite,et que ,oui,tout va bien.Et que la sage-femme est pressée,elle a d’autres visites,
Me voilà gaiement éconduite par une Louise un peu plus vive qu’à mon arrivée,

Nous verrons bien la semaine prochaine.je pourrai peut-être effleurer ces yeux soudain durcis, cette voix retenue ,cet indéfinissable malaise lorsque Julien Chéri est au bout du fil!

 

La suite  chez Taby est par là 

Sautez jusque chez le Passeur ensuite  ici  puis ici chez Alice and Co

Et enfin  chez Ella par ici