COLERE ROSE

Je n’aime pas les manifs..Je n’aime pas du tout les manifs. Chaque fois que j’en croise une, me remontent aux yeux et au cœur les mêmes larmes, les mêmes colères.

Et pourtant, j’ai marché avec mes amies, mes sœurs, et réclamé dans la rue le droit de ne plus revivre ces moments incertains qui nous ballotaient chaque mois entre angoisse  et  rage de ne pouvoir que subir… On nous a traitées de putains en chaleur  Mais nous avons obtenu l’accès à la contraception..

J’ai marché avec mes amies, mes sœurs pour crier haut et fort qu’un enfant, ce n’est ni une bénédiction, ni un fardeau, C’était un choix que nous exigions..On nous a traitées de salopes..Mais nous avons obtenu le droit à l’IVG..

J’ai marché avec mes amies, mes sœurs pour que le monde cesse de croire que nous étions faibles et stupides, comme si nous n’étions qu’une barque attendant son capitaine !  On nous a traitées de ménagères hystériques .Nous avons obtenu un début de parité.

J’étais fière de moi, j’étais fière de nous, j’étais fière de ceux qui nous avaient ainsi reconnues leurs presqu’égales.

Je pensais que tout cela était derrière nous, que nous n’étions plus que les vétérans d’un combat d’un autre temps.

Et voilà que mes jeunes collègues marchent pour dénoncer  les menaces qui se profilent sur ce moment aussi simple et pourtant si ardu : donner la vie dans de bonnes conditions, pour toutes, accompagnées de la façon que l’on aura souhaitée, à l’hôpital ou ailleurs, debout ou sanglée sur une table, avec ou sans péridurale, entourée des professionnels les mieux formés pour cela. Mais aussi reconnus à leur juste valeur et place,

On ne les traite de rien, pire,  on les ignore..On leur renvoie  la violence bornée d’un mépris total   alors qu’ils ne demandent qu’à exercer le métier que nous leur avons transmis…

.

S’il faut réclamer à nouveau, alors retroussons nos manches pendant qu’il  est encore temps.

Ce n’est pas l’hiver qui vient, c’est la bêtise et l’obscurantisme qui reviennent.

6 réflexions au sujet de « COLERE ROSE »

    1. Anna

      Je pensais juste à « donner la vie, devenir parent dans de bonnes conditions ». A l’époque de ma naissance, on a traité ma mère de folle parce qu’elle voulait allaiter, la norme était de prendre le bébé à la mère et ne pas lui ramener avant de longues heures (la mienne a dû batailler pour me garder auprès d’elle la nuit, « mais vous n’êtes pas folle, elle va vous empêcher de dormir ! ») On a dit beaucoup de mal de Dolto, pourtant c’est en partie grâce à elle que nous pouvons rester avec nos petits dès leur naissance.
      Quant à la place du père comme soutien de la mère et accueil du bébé (cordon etc) pendant l’accouchement, on n’en était qu’au début, c’était parfois mal accepté (et aujourd’hui on culpabilise les pères qui ne veulent pas y aller, ce qui n’est pas mieux).
      On accouchait sur le dos en général, comme aujourd’hui. La péridurale n’était pas quasi-obligatoire, parce qu’elle n’existait pas ou peu.
      Peut-on vraiment dire que ma mère, les mères de cette génération-là étaient mieux loties que nous ? Sur ce point précis, je n’en suis pas sûre.

      Répondre
  1. faribole

    j’aime vous lire (surtout aujourd’hui, c’est mon anniversaire…) car vous dites de manière splendide ce que je n’ai plus le temps d’écrire
    je plussoie

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

* Copy This Password *

* Type Or Paste Password Here *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>