LA FOIS OU J’AI ETE VENGEE

Un dernier verre pour la route,mes amis., avant quelques petites vacances

Pas de chance pour moi, j’ai quand même appris à faire les déclenchements.

Et ô extase ô joie suprême aujourd’hui, j’ai l’insigne honneur d’assister le docteur Regardez-moi-je-suis-beau dans ses hautes œuvres, même si je ne vaux pas la moitié de ma co-garde pour faire accoucher une femme plus vite que son ombre.

J’ai bien tout fait ou presque.En deux coups de seringues j’ai amené la brave petite soldate à  dilatation complète.

En deux coups de cuillères -à forceps, of course-(suis-je drôle)il nous a sorti l’enfançon malgré une tentative désespérée du condamné pour prolonger sa vie intra-utérine encore quelques petites secondes,s’il vous plaît,monsieur le bourreau oups,gynéco.

Et voilà que le placenta lui résiste,arrimé au fond de son utérus comme une patelle sur son rocher.La marée se fait sanglante.Je regarde  avec inquiétude notre homme de l’art qui perd patience.

« Appelle l’anesthésiste pour une délivrance artificielle, c’est trop long! »

Ben, dame, deux minutes à tirer sur un cordon, je comprends que ça désorganise ton emploi du temps!

La dame est à peine endormie que notre virtuose est déjà à pied d’œuvre Sa main disparaît dans les profondeurs utérines.L’anesthésiste et moi, on le regarde fascinés.

Tiens, tout à coup, on dirait qu’il prend son temps.Il ne bouge plus.

L’anesthésiste risque un  « Ça va ?

-Je suis coincé. »

Malédiction!!!

Dans sa précipitation, il a oublié qu’il avait affaire à un organe éminemment susceptible.Le col du dit organe s’est rétracté autour de son poignet.Le genre piège à idiot trop pressé.

L’anesthésiste n’a visiblement pas apprécié Speedy Gynéco.Ça lui a pris au moins cinq bonnes minutes pour relâcher complètement la patiente et libérer enfin notre abruti homme

Regardez-moi-je-suis-beau est sorti dignement dans un silence glacial.

L’anesthésiste m’a dit: « Si j’étais toi, la prochaine fois qu’il râle parce que tu ne pousses pas la perf à fond, je lui rappellerais le coup du piège à col. »

C’est drôle, parce que je n’ai jamais eu l’occasion de reparler de l’aventure.

Sûrement que j’avais fait des progrès en déclenchement!

 

3 réflexions au sujet de « LA FOIS OU J’AI ETE VENGEE »

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